Dyslexie

Cet article ne va pas confirmer la vision dominante au sujet de la dyslexie. Mon but est de vous offrir d’autres pistes pour réfléchir à ce phénomène. Je vais donc vous donner mon point de vue. Bien que mes réflexions se basent sur une pratique clinique, je tiens à souligner qu’il ne s’agit pas d’une façon traditionnelle d’envisager la dyslexie !

Qu’est-ce que la dyslexie ?

Aujourd'hui, l'on parle de 5 à 10% d'enfants dyslexiques-dysorthographiques. Voici quelques précisions sur ces termes, des pistes pour mieux comprendre ces troubles et aider ces enfants. Contrairement à ce qui est couramment admis, la dyslexie ne consiste pas seulement à inverser des lettres en parlant ou en lisant. La dyslexie n’est pas un trouble du langage oral, bien qu’il ne soit pas rare que la dyslexie-dysorthographie fasse suite à un retard de langage ou se développe dans le cadre d’une dysphasie. Les difficultés, diagnostiquées ou non sur le plan du langage oral sont fréquentes. Elles touchent de préférence la fluidité verbale, le vocabulaire, l’usage d’abstraction et la complexité structurale des phrases.puisse co-exister avec un retard de langage.

Le terme dys-lexie signifie : difficulté à lire. Le terme dys-orthographie signifie : difficulté à orthographier. L’on parle de dyslexie - dysorthographie chez un enfant qui présente un trouble durable d’acquisition de la lecture et/ou de l’orthographe, en dépit d’une intelligence dans la norme, de l’absence de troubles sensoriels (surdité, vue,…) ou neurologiques (lésion cérébrale) ou encore de trouble affectif important.

Voici des constatations intéressantes : De nos jours, les enfants avec des problèmes d’acquisition de la lecture et de l’orthographe présentent souvent un chevauchement de différentes pathologies comme l’asthme, les allergies, les intolérances alimentaires, la dyspraxie, dysgraphie, THADA ou DA. Très peu de scientifiques semblent avoir cherché à comprendre ces interrelations. Une des rares exceptions est la Dresse Natasha Campbell-McBride.

Aujourd’hui les scientifiques ont tendance à se “sur-spécialiser” dans un domaine, devenant ainsi très pointus mais en même temps perdant la vue d’ensemble. Par exemple, les neurologues ou neuro-psychologues spécialisés dans la dyslexie sont en mesure de vous décrire précisément comment les cerveaux des “dyslexiques” analysent l’information et quelles sont les différences avec les “non-dyslexiques”. Se basant sur ces informations ils vont même parfois proposer des programmes de remédiation. Là où je reste “sur ma faim”, c’est lorsqu’il s’agit d’expliquer pourquoi les cerveaux de ces enfants ne traitent pas l’information comme vous et moi.

Et si les observations très minutieuses de ces scientifiques étaient l’effet et non la cause ? J’aimerais être claire, je ne nie pas du tout que ce qu’ils observent existe. Je me pose la question de savoir si on cherche les bonnes causes.


Les causes : voyons ce que la littérature nous raconte

Sans avoir la prétention d’être exhaustive, voici ce que vous trouverez dans la littérature. Selon les auteurs et les époques, on a évoqué tour à tour :

  • des atteintes organiques (lésions cérébrales a minima)
  • des facteurs génétiques
  • des déficits instrumentaux et/ou cognitifs (lacunes de certaines compétences reconnues comme étant des pré-requis nécessaires à ces apprentissages)
  • des troubles neuropsychologiques (par ex. “mauvais” traitement de l’information)
  • des causes émotionnelles
  • un handicap socioculturel
  • des dysfonctionnements pédagogiques (« mauvaise » méthode de lecture)
  • des causes biochimiques 

Je souhaiterais mettre l’accent sur trois causes qui, selon mon expérience, aboutissent au développement des troubles dyslexiques et qui interagissent l’une avec l’autre.

  1. L’approche biochimique qui est toutefois peu retenue dans le monde francophone. Se pourrait-il qu’une physiologie perturbée influence la compétence du cerveau à analyser et à traiter des données complexes, telles que celles en jeu lors de la lecture et de l’analyse de l’orthographe ? 

    Les recherches du Dr. Alex Richardson, chef du laboratoire de physiologie à l’Université d’Oxford en GB, par exemple, nous démontrent l’importance cruciale de certains nutriments dans le bon fonctionnement du cerveau -donc de l’apprentissage- et notamment les omégas-3 dont on parle beaucoup. De plus elle insiste sur l’importance de l’alimentation, un facteur décisif trop souvent négligé.

    Le travail de la Dresse Natasha Campbell-McBride, neurologue et nutritionniste, explique de façon très claire les relations complexes entre le bon fonctionnement de notre intestin (haut lieu de l’assimilation de nombreux nutriments), nos comportements et notre capacité d’apprentissage. Elle montre comment les toxines produites dans l’intestin et celles issues de l’alimentation trouvent leur chemin jusque dans le cerveau.

    Dans son excellent livre, “Gut and psychology syndrome”, elle met en évidence le fait que de nos jours les enfants présentent très rarement une seule de ces problématiques à la fois : dyslexie, asthme, eczéma, allergies, problèmes digestifs, THADA, etc. Par ex. il y a un chevauchement de 30 à 50 % entre le THADA et la dyslexie.
  2. Les causes émotionnelles : J’aimerais souligner à quel point le manque d’estime de soi et les croyances limitantes à son propre sujet jouent un grand rôle dans le maintien  de les difficultés d’apprentissage, quelles qu’elles soient. C’est pourquoi j’enseigne toujours l’EFT – Technique de Libération des Emotions – à l’enfant et le parent qui me consultent. Cela va lui permettre de construire une bonne estime de soi pour enfin accéder à son potentiel.

    Je n’ai pas encore rencontré d’enfant “dyslexique” totalement heureux et confiant. Comme le dit très bien dans son livre “Dyslexie, le scandale du y” David Guignard : “En trente-cinq ans de métier, je n’ai jamais vu, par exemple, de dyslexie caractérisée qui ne soit pas liée aussi à une perturbation affective notoire, donc à une histoire marquée par un ou plusieurs traumatismes.”
  3. Les causes pédagogiques  sont également fréquentes et si elles se combinent à une mauvaise estime de soi elles vont assurément mener à des difficultés de type dyslexie-dysorthographie. Toutes les méthodes ne conviennent pas à tous les enfants !

    Une des erreurs très courantes est de vouloir apprendre de plus en plus tôt à lire aux enfants. Le développement du cerveau et des yeux ne permet pas à la majorité des enfants d’apprendre facilement avant l’âge d’environ 7 ans ! Avant d’apprendre à lire, ils ont tant d’autres choses à développer qui leur serviront de base pour construire la lecture.

Quels en sont les symptômes typiques ? 

Les difficultés les plus courantes en lecture sont :

  • D’ordre phonologique (capacité à isoler des syllabes ou des sons à l’oral)
  • Des confusions auditives de sons proches ([f]/[v], [k]/[g]…) et/ou visuelles de lettres qui se ressemblent (b/d, p/q)
  • D’inversions de lettres (pri = pir)
  • D’omissions de lettres ou de sons (amitié = amité)
  • D’élaboration ou de compréhension du langage oral
  • De se repérer dans le temps et l’espace
  • D’attention et de mémoire de travail, difficulté de compréhension
  • Impression que les mots ou lettres dansent sur la page
  • Lecture lente et laborieuse


Les difficultés les plus courantes en orthographe sont :

  • Erreurs à dominante phonétique, c’est-à-dire qui altèrent un ou plusieurs sons dans le mot (omissions, inversions, adjonctions, confusions de lettres ou syllabes)
  • Confusions visuelles de lettres qui se ressemblent
  • Des erreurs liées aux règles de lecture (c, g, s, ill, aill, gn, etc)
  • Des erreurs dans la segmentation des mots (lavion, onavè = on avait)
  • De la peine à différencier les homophones grammaticaux (sont/son, a/à, etc.)
  • Des erreurs liées à la morphosyntaxe (connaissance des terminaisons verbales, accords, etc.)

Les enfants dyslexiques-dysorthographiques auront souvent de la difficulté dans les analyses grammaticales, l’élaboration de structures syntaxiques complexes et la structuration de récits. 

Ces listes ne sont pas exhaustives.

Tous les apprentis lecteurs-écrivains font ce genre d’erreurs en début d’apprentissage, c’est la persistance et l’accumulation de ces erreurs qui vont faire penser à une situation à risque.


Alors, que faire ?

Je n’ai pas “la” réponse. Je ne peux que partager mon expérience et mes observations. Cela me ramène au “Mens sana in corpore sano”, un esprit sain dans un corps sain. J’ai donc pris des options.

Premièrement

Je me demande si la physiologie de l’enfant pourrait être optimisée. C’est pourquoi je me renseigne sur son alimentation, sa digestion et d’éventuelles allergies. Toutes ces informations vont me donner une idée de l’état de son intestin, donc de sa capacité à assimiler les nutriments nécessaires au bon fonctionnement de son cerveau, donc de sa mémoire, sa capacité d’attention et d’apprentissage…

Avant de pouvoir apprendre, nous devons y être réceptifs aussi bien sur le plan physiologique qu’émotionnel. Un cerveau littéralement « arrosé » d’additifs alimentaire, de graisses hydrogénées – par exemple – aura bien du mal à fonctionner de façon optimale. Les premières compétences touchées seront la concentration, la mémorisation et l’enfant risque bien de se montrer agité.

Deuxièmement

Je vais aider l’enfant au niveau émotionnel avec la technique EFT de libération des émotions et mettre en évidence avec lui ses croyances limitantes (je suis nul, je ne vais jamais y arriver) pour les dissoudre par cette même technique. L’EFT est aussi bien connu pour pouvoir dissiper les symptômes bien connus de certains, comme les lettres qui bougent ou les taches de flou sur la feuille.

Troisièmement

Nous évaluerons ensuite les difficultés résiduelles et c’est à ce moment qu’intervient la logopédie et sa boite à outils. Selon les difficultés nous lui offrirons une aide ciblée dans le but de l’aider à atteindre ses objectifs d’apprentissage.

Avant de pouvoir apprendre il faut être disponible face à l’apprentissage. Cette disponibilité n’est pas seulement émotionnelle ou mentale mais aussi physiologique.

Quelles sont les conséquences de la dyslexie ?

Il faut plus de temps pour comprendre, apprendre, mémoriser, déchiffrer, rédiger, écrire, se relire. De plus l’enfant dyslexique/dysorthographique déploie plus d’efforts ce qui engendre une importante fatigue et avec la fatigue les erreurs augmentent ainsi que sa frustration et souvent une impression d’incompétence. C’est donc un cercle vicieux.

Quand consulter un spécialiste ?

Attendre ou ne pas attendre, telle est la question…

Un enfant qui s’emmêle résolument dans ses lettres, qui n’arrive pas à se concentrer, qui se plaint que “c’est trop dur”, qui se décourage continuellement devrait attirer notre attention. Il est plus simple et efficace d’intervenir tôt. Ceci dit, il est possible d’aider un enfant quel que soit son âge.

En conclusion

La dyslexie a fait couler et fera couler encore beaucoup d’encre. Nous ne savons pas encore tout et chaque praticien suit son axe de travail favori. Certains thérapeutes axent leur travail sur les aspects émotionnels, d’autres sur les aspects techniques ou pédagogiques. N’oubliez pas que les thérapeutes ne sont que des êtres humains, comme vous !

Ce qui est sûr, c’est que ce trouble est en constante augmentation et que l’on ne devrait plus négliger les facteurs environnementaux, comme l’alimentation, les additifs de tous bords, les pesticides, les métaux lourds, etc. Il y a urgence.

C’est curieux comme nous préférons ignorer que ce que nous mettons dans notre bouche ou sur notre peau a un impact sur notre santé. Cela nous ennuie vraiment de découvrir que les aliments aussi bien que les cosmétiques terminent en partie leur voyage dans notre système sanguin, pouvant ainsi arriver dans le cerveau.

Un dernier conseil

S’il vous plaît, arrêtez de dire que votre enfant est dyslexique. Ce n’est pas qui il est. En ce moment de sa vie il expérimente des difficultés nommées “dyslexie”. N’en parlez plus à tout le monde, orientez-vous sur les solutions, pas sur le problème. Identifier un enfant avec un diagnostic diminue les chances qu’il s’en sorte.

Chez “the Free Child”, je vous enseigne à agir sur différents niveaux à la fois pour libérer votre enfant des toxines venant de l’alimentation, de ses croyances limitantes, des ses peurs ou de son manque d’estime de soi. Personnellement je crois que chacun de nous bénéficie d’un potentiel illimité, mais parfois, nous ne savons pas comment y accéder car nous croyons en avoir perdu la clé !

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