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L'intelligence émotionnelle, ça sert à quoi ?
S'il y a une notion qui est trop souvent dénigrée dans notre société - au profit de la réussite académique à tout prix - c'est bien celle d'intelligence émotionnelle. Cette notion a été reprise et développée par Daniel Goleman, psychologue américain.
Il s'est passionné dans l'observation des facteurs capables de prédire la réussite sociale, professionnelle et affective des êtres humains.
Pendant longtemps on avait pensé que le QI (quotient intellectuel) était déterminant. En réalité, le QI recouvre seulement certaines formes d'intelligence, soit une intelligence logico-mathématique et l'agilité verbale. Les recherches montrent clairement que parmi les facteurs dont dépend la réussite dans la vie, le QI représente au mieux 20% !
Le fait qu'un individu soit parmi les premiers de sa classe montre seulement qu'il est particulièrement apte à obtenir des bonnes notes. Cela ne nous apprend rien sur sa capacité à réagir face aux vicissitudes de la vie, à entrer en relation et à entretenir des liens agréables avec les autres. Il est donc primordial d'étendre la notion d'intelligence à la capacité à gérer ses émotions ainsi que celles des autres.
Alors qu'est-ce que l'Intelligence Emotionnelle ?
Nous pouvons la décrire en 5 domaines principaux :
- La connaissance des émotions, c'est la capacité de pouvoir identifier ses propres émotions.
- La maîtrise de ses émotions, c'est la capacité d'adapter ses sentiments à chaque situation et cela dépend de la conscience que l'on a de soi-même.
- L'automotivation, les gens qui possèdent cette aptitude sont en général extrêmement productifs et efficaces dans tout ce qu'ils entreprennent.
- La perception des émotions d'autrui. Ces personnes sont alors douées pour l'enseignement, la vente, la gestion, et les autres métiers où l'intérêt pour les autres est primordial.
- La maîtrise des relations humaines. Savoir entretenir de bonnes relations avec les autres, c'est en grande partie savoir gérer leurs émotions.
Nous pouvons dire que l'intelligence émotionnelle est l'ingrédient principal de toute bonne relation, notamment la relation parents-enfants. Lorsque vous comprenez comment votre enfant se sent vous pouvez ajuster votre attitude et lui donner un feed-back précis.
Lorsqu'un enfant se sent compris, il est beaucoup plus enclin à coopérer, négocier et obéir. Pour cela, il faut vous exercer à mettre des mots sur vos propres émotions d'abord. Un enfant n'apprendra pas à verbaliser ses émotions si personne dans son entourage ne lui montre comment s'y prendre.
Mettre des mots sur ses émotions ne signifie pas que l'on accepte tous les comportements, par contre nous n'avons aucun jugement de valeur à émettre sur le ressenti des autres. Il n'y a pas de bonne ou mauvaise émotion. Toutes les émotions sont réelles et valables.
Lorsque votre enfant développe un vocabulaire des émotions, il se sent immédiatement soulagé et contrôle plus facilement les situations délicates.
Voici quelques mots à ajouter à votre vocabulaire pour exprimer un ressenti :
Le vocabulaire des émotions et des sentiments
Apprenez à utiliser ces 64 termes liés aux émotions, certains positifs, d'autres négatifs et quelques uns qui peuvent être utilisés des deux manières:
- Confiant vs Timide, embarrassé, impuissant, surexcité
- Fier vs Gêné, honteux, arrogant
- Soulagé, qui a réussi vs qui s'ennuie, nerveux, excité, frustré, découragé, déçu, agacé, sous pression, agressif, en colère, enragé
- Joyeux, heureux vs sans joie, désolé, triste, déprimé, au cœur brisé
- Content, satisfait vs en souci, angoissé, effrayé, blessé, tourmenté
- Innocent vs coupable, qui s'excuse
- Reconnaissant vs désapprobateur, dégouté, rejeté, plein de ressentiment, envieux, jaloux
- Aimant, aimé, gentil, aimable, passionné vs retiré, isolé, haineux, indifférent, seul, nostalgique de sa famille
- Affectueux, serviable vs têtu, surpris, choqué
- Curieux, enthousiaste, plein d'espoir, déterminé vs paresseux, épuisé, sans espoir
Commencez par intégrer ces termes dans votre langage : « Je me sens.... quand je... Cela s'appelle « modeler » un comportement. D'abord vous donnez l'exemple et ensuite vous aider votre enfant à la mettre en pratique.
Deuxième étape : lorsque vous percevez une émotion chez votre enfant et qu'il n'arrive pas à la mettre en mots, vous pouvez faire des suggestions : « j'ai l'impression que tu te sens..., est-ce que c'est juste ? » ou « c'est le genre de situation à se sentir... »
Nous avons pour habitude de vouloir minimiser leurs émotions: « mais non, ça passera, c'est pas grave ! » En réalité cela ne fait qu'amplifier le problème et l'enfant ne se sent pas reconnu.
Pour plus d'infos sur comment mettre ces conseils en pratique, je vous recommande la lecture du livre "Comment parler aux enfants pour qu'ils écoutent et comment écouter pour qu'ils parlent" que vous pouvez commander à www.espace-parents.ch
Pour approfondir la notion d'intelligence émotionnelle:
Daniel Goleman, L'intelligence émotionnelle, éd. J'ai lu, 1997
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